Chapitre 6.1
jeudi 23 juillet 2026
Faits et opinions (partie 1/2)
Une semaine après Fontenys, Eva m’a appelé sans préambule.
— À l’approche du premier tour, les médias organisent demain soir un grand débat avec tous les candidats encore en course, dans un studio parisien réquisitionné pour l’occasion. Je peux te faire entrer en coulisses, Franck. Tu écris un article sur le binôme Rousseau-Cobot, non ? Ce serait dommage de le regarder depuis ton canapé.
Le lendemain, j’ai pris le premier train pour Paris.
À mon arrivée, j’ai retrouvé une agitation que je connaissais trop bien : les murs d’écrans, les câbles qui serpentaient au sol, les techniciens casqués qui traversaient les couloirs sans ralentir, les chargés de communication qui parlaient trop fort dans leurs micros-cravates, comme si chaque phrase devait déjà passer à l’antenne.
Cette fièvre-là avait été mon quotidien, autrefois.
Ma vie a toujours ressemblé à une scène de théâtre.
Aujourd’hui on voit le pigiste retiré du bruit, qui écrit depuis une cabane au bord du lac. Mais derrière le rideau, d’autres personnages existent encore, costume sur le dos, comme s’ils venaient à peine de quitter la lumière : l’ingénieur qui cherche une logique dans chaque chose, le journaliste parisien qui court après les news jusqu’à l’aube.
Tous deux ont eu leur scène avant de se retirer dans le noir.
On croit, en changeant de métier, refermer une porte sur celui qu’on a été. En réalité, rien ne disparaît vraiment. Ce ne sont pas plusieurs vies, mais une seule, traversée par plusieurs rôles, plusieurs facettes d’une même personnalité, qui se relaient sur la même scène.
Eva, elle, connaissait les lieux mieux que moi. Les jours précédents, elle était déjà venue tester la connexion de Cobot, vérifier les accès, les angles morts, les points de contrôle. Elle avançait avec l’assurance de quelqu’un qui savait exactement où poser les pieds.
Elle m’a guidé jusqu’à un renfoncement technique, juste en retrait du plateau, d’où l’on pouvait tout voir sans être vus.
Devant nous, le studio brillait d’une lumière blanche et froide.
Les candidats se faisaient face autour d’une table en arc de cercle. Beaucoup avaient une longue expérience en politique, et l’habitude des plateaux télévisés, des meetings, des pièges médiatiques évités de justesse. Ils savaient sourire quand ils attaquaient, couper la parole sans paraître grossiers, esquiver une question tout en donnant l’impression d’y répondre. Deux d’entre eux étaient clairement favoris dans cette campagne : Antoine Chevalier et Sarah Amar.
Le candidat le moins expérimenté, et crédité du plus faible score dans les intentions de vote, était François Rousseau. Cobot se tenait à ses côtés.
— Ah ! Tu l’as habillé en joli robot pour l’occasion ! dis-je à Eva.
— Oui, je me suis dit que ce serait moins mystérieux pour les téléspectateurs que de voir un gros œuf blanc à côté de Rousseau. Et comme ça on a plus envie de le regarder non ?
Costume gris, mine fermée, épaules trop raides, François Rousseau avait l’allure d’un homme qui découvrait, un peu tard, le poids exact de ce qui allait se jouer ce soir.
Le contraste entre le candidat et son robot avait quelque chose de presque comique : Rousseau semblait encore chercher sa place ; Cobot, lui, n’avait besoin d’aucun costume pour exister sur ce plateau.
Les autres candidats l’observaient avec une condescendance amusée. Pour eux, ce robot n’était qu’un coup de communication, une curiosité médiatique. Pour un coup de com’, c’était réussi : les médias voyaient Cobot comme une distraction bienvenue dans une campagne devenue trop longue, et avec trop de candidats.
— Il n’y a désormais plus que deux sortes de candidats, avait déclaré François Rousseau : ceux qui ont l’arrogance de croire qu’ils savent tout, et ceux qui acceptent une aide en information et en réflexion, et un contrôle factuel et permanent pour sécuriser leurs décisions. Dans ce second groupe, je constate que nous ne sommes qu’un… Nous verrons ce que le peuple préfère.
Aucun candidat n’imaginait devoir, ce soir, lui répondre sérieusement.
Antoine Chevalier, costume bleu nuit et cravate rouge, était en tête dans tous les sondages, et affichait ce soir-là un sourire calibré. Il avait aiguisé ses formules prêtes à l’emploi. Il avait cette manière de regarder le binôme Rousseau-Cobot comme on observe un enfant invité par erreur à la table des adultes : avec amusement, mais sans la moindre inquiétude.
— Il ne va pas se laisser dévorer, j’espère, ai-je glissé à Eva.
Elle n’a pas répondu tout de suite. Ses yeux restaient fixés sur l’écran de contrôle posé devant elle, qui reproduisait en miniature ce que Cobot affichait sur son écran ventral.
Les premières minutes ont confirmé mes craintes.
Un candidat s’est penché vers son micro.
— Avant de commencer, j’aimerais qu’on m’explique ce qu’une calculatrice fait sur ce plateau.
Un léger rire a parcouru l'assemblée. Une autre candidate a saisi l’ouverture.
— On est là pour débattre d’un programme, pas d’une mise à jour logicielle.
Puis Chevalier a pris son temps. Il a laissé le rire s’installer, a tourné légèrement le visage vers la caméra, et a souri comme s’il offrait au pays la phrase qu’il attendait.
— Un président sous assistance, c'est un pays sous assistance !
Cette fois, les rires ont éclaté, et des applaudissements ont gagné une grande partie du public.
Sur l’écran de contrôle, François Rousseau semblait se décomposer. Il fixait la table devant lui, les épaules rentrées, incapable de croiser le regard des autres candidats. À côté de moi, Eva n’a pas ri.
Le débat a commencé. Il s'est enlisé presque aussitôt.
Très vite, une règle tacite s'est imposée. Sur le fond, mieux valait éviter tout chiffre précis ou tout engagement vérifiable. Une promesse floue résistait toujours mieux à une vérification des faits.
Quant à la forme, chacun a retrouvé son terrain de prédilection : les attaques personnelles, les insinuations et ces petites phrases conçues moins pour convaincre que pour être reprises en boucle sur les réseaux sociaux et dans les journaux du lendemain.
La journaliste tentait bien de ramener les échanges au pouvoir d'achat ou à l'énergie. En vain.
— Vous nous parlez de convictions ? a lancé l'un des candidats avec un sourire entendu. Vous avez changé de parti trois fois en dix ans. Vous ne défendez pas des idées, vous suivez les sondages.
— Au moins, mes idées évoluent, a répondu son adversaire sans se départir de son calme. Les vôtres sont obstinées depuis trente ans… comme les affaires qui vous poursuivent !
Un murmure amusé a parcouru le public.
L'intéressé a haussé les épaules.
— Mes affaires ? Vous voulez parler de l’acharnement dont je suis victime ? Vous conviendrez qu’il est grand temps de se demander si la justice…
— Messieurs ! Revenons à la question, s'il vous plaît… s’est escrimée la journaliste.
— … sert encore le droit ou certains intérêts politiques.
— C'est un classique. Chez certains, quand les faits dérangent, les institutions deviennent coupables. Quel exemple donnez-vous à nos enfants ? Que les règles ne s'appliquent qu'à ceux qui les respectent ?
— Vous me traitez de voyou ?
— Non. Je dis qu'un homme qui cesse de croire en la justice dès qu'elle s'intéresse à lui ne peut pas demander aux Français de lui confier la République.
Les applaudissements ne se sont pas fait attendre.
Le débat ressemblait déjà davantage à un concours de réparties qu'à un choix de société.
Le candidat visé s’est redressé à moitié de son siège. On connaissait son tempérament impulsif, et sa position dans les sondages n’arrangeait rien. Sa main avait déjà saisi son micro-cravate. Pendant une seconde, tout le monde a cru qu’il allait l’arracher et quitter le plateau.
— Je vous remercie de rester assis si vous souhaitez poursuivre les débats, Monsieur Bonnal, a coupé la journaliste.
Elle n’avait pas élevé la voix. Elle n’en avait pas besoin.
Un silence gêné est tombé sur le plateau. Le candidat a regardé les caméras, puis les autres, comme s’il cherchait encore une sortie digne. Il n’en a pas trouvé. Alors il s’est rassis lentement, le visage fermé, presque plus humilié que s’il était réellement parti.
Un petit rire a échappé à l’un de ses adversaires. Il l’a étouffé trop tard.
Je me suis surpris à regarder le chronomètre. Vingt minutes de débat, et personne n'avait encore répondu à une seule question.
La discussion a repris, plus prudente. Mais le mal était fait.
Rousseau et Cobot, eux, n’étaient pas intervenus.
Sur l’écran ventral de Cobot, la teinte restait neutre, presque absente. À croire qu’il s’était volontairement mis en retrait, le temps que les candidats finissent de s’écharper tous seuls.
La journaliste en a profité pour tenter de centrer les échanges sur des sujets de fond.
— Passons à l'emploi, si vous le voulez bien. C'est l'une des préoccupations majeures des Français. Monsieur Rousseau, il vous reste beaucoup de temps de parole, donc je m’adresse à vous. Depuis cinq ans, quel bilan tirez-vous sur le chômage dans notre pays ?
Sur l’écran de Cobot, une teinte orange est apparue une seconde avant de disparaître. Je l’ai reconnue aussitôt : l’anxiété, celle dont Eva m’avait parlé pendant notre dîner.
À côté de moi, Eva avait les mains crispées sur les genoux. Elle ne quittait pas l’écran des yeux. On aurait dit une mère regardant son enfant monter sur scène pour la première fois, incapable de l’aider, incapable de détourner le regard.
— C’est la première fois qu’il parle à la télévision, m’a-t-elle soufflé.
— Mais c’est François Rousseau qui doit répondre ! ai-je répliqué.
— Oui, oui, mais ils communiquent, et Cobot va sûrement intervenir.
Sur le plateau, Cobot est resté immobile un bref instant. J’ai remarqué que François Rousseau avait une oreillette.
Avant que Rousseau ne puisse répondre, un candidat d'opposition, cherchant à enfoncer le bilan du quinquennat, a lancé avec l'aplomb de celui qui énonce un fait établi :
— Le chômage est aujourd'hui presque à 10 % dans notre pays. Voilà le vrai bilan de ce quinquennat.
Un bref silence a suivi, puis la voix de Cobot a comblé le vide, égale et sans relief :
— Le taux de chômage s'établit à 8,1 % au premier trimestre 2026, selon l'Insee¹. Bien qu’il ait augmenté de 0,2 point sur le trimestre, et de 0,7 point sur un an, et qu’il soit à son plus haut niveau depuis le premier trimestre 2021, il n'atteint pas les 10 % que vous venez d'annoncer.
— Ah ! Elle parle, cette machine ! Peu importe le chiffre exact, l'idée reste la même.
— Non, a répondu Rousseau. Ce n'est pas une nuance de chiffre. Ce que vous venez d'affirmer est faux.
— On ne vous croit plus ! a lancé quelqu'un dans le public.
Un rire amer a couru sur plusieurs rangs. La journaliste a levé la main, en quête d'un calme qu'elle peinait elle-même à retrouver.
En quelques minutes, ceux qui promettaient de remettre de l'ordre dans le pays venaient d'offrir à des millions de téléspectateurs le spectacle même du chaos. La classe politique venait de rappeler, en direct, pourquoi tant de Français avaient cessé de l'écouter².
Puis le débat a basculé.
La journaliste qui animait la soirée a tenté d’amener la discussion vers un sujet dont elle connaissait le potentiel explosif : les retraites.
— Venons-en aux retraites. Si vous aviez une seule chose à exposer aux Français avant de leur proposer une éventuelle réforme des retraites, quelle serait-elle, Monsieur Rousseau ?
— Je souhaiterais en premier lieu permettre aux Français de regarder les faits.
Puis il s’est tourné vers Cobot.
— Cobot ?
Cobot afficha immédiatement un graphique.
Dans son oreillette, Cobot lui soufflait les chiffres.
— Comme vous le voyez, au cours des 60 dernières années, l’espérance de vie a augmenté de treize ans pour les hommes, et de douze ans pour les femmes³.
Rousseau a posé les mains à plat sur la table.
— Sur cette même période, l’âge légal de départ à la retraite a peu évolué, puisqu’il était de 64 ans en 1964, et est aujourd’hui revenu autour de 63 ans après un passage autour de 60 ans. Plusieurs pays européens l’ont déjà fixé à 67 ans, et le Danemark, qui l’a indexé sur l'espérance de vie, vise un âge légal de départ à la retraite à 70 ans dès 2040. Aussi, la France a l'un des âges effectifs de départ à la retraite les plus bas d'Europe⁴.
— En 1964, chaque retraité pouvait compter sur 4,4 actifs pour financer sa pension, quand aujourd'hui, il n'en reste que 1,32⁵. Le système repose donc sur trois fois moins de cotisants par retraité.
La journaliste a cessé de consulter ses fiches.
— Sur cette même période, notre fécondité a presque été divisée par deux puisqu’une Française avait près de trois enfants en 1964, quand aujourd'hui elle n’en a qu’un et demi⁶. Cette baisse résulte de contraintes économiques⁷, d’arbitrages entre carrière et parentalité⁸, de mutations socioculturelles⁹, de l’infertilité¹⁰ et de l’écoanxiété¹¹. De plus, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a compté l’année dernière davantage de décès que de naissances. Six mille de plus¹².
— Du point de vue économique, on constate qu’en 1964, le PIB français progressait d'environ 6 % par an quand en 2025, il n'a progressé que de 0,8 %. Nous avons développé et étendu notre modèle social pendant des décennies de forte croissance. Nous tentons aujourd'hui de le financer avec une économie presque à l'arrêt.
— Enfin, dans les années soixante, les dépenses liées à la vieillesse et aux pensions de survivants représentaient environ 5 % de notre richesse nationale. Aujourd’hui, les retraites sont devenues le premier poste de notre protection sociale et représentent près d'un quart de l'ensemble de nos dépenses publiques. En 2025, la France a consacré environ 420 milliards d'euros à son système de retraite, soit 14 % de son PIB¹³. Ces chiffres n'incluent pas, bien entendu, les dépenses de notre système public de santé pour nos retraités. Les plus de soixante-cinq ans qui représentent un peu plus d'un cinquième de la population, concentrent près de la moitié de ces dépenses de santé¹⁴, qui sont au total de l’ordre de 265 milliards d’euros additionnels en 2025.
En résumé, depuis 60 ans : nous vivons douze ans de plus, nous partons à la retraite presque au même âge, nous avons trois fois moins d'actifs par retraité pour financer les retraites, nous faisons presque deux fois moins d'enfants, notre croissance a été divisée par 6, et la part de notre richesse consacrée à la vieillesse, hors santé, a presque triplé.
Rousseau s’est tu.
Les chiffres semblaient encore suspendus au-dessus de la table. Personne ne s’est pressé de rompre le silence.
Antoine Chevalier, connu pour son opposition à toute réforme du régime des retraites, a attendu quelques secondes avant de se redresser.
— Vous alignez des chiffres, vous et votre robot. Mais derrière vos chiffres, il y a des vies.
Il se tourna vers le public.
— Que dit d'elle une société qui ne prend plus soin de ses aînés ? De celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie et construit le pays dans lequel nous vivons ?
Quelques applaudissements ont éclaté.
— Je m'opposerai à tout nouvel allongement de la durée de cotisation. Et je le dis clairement : nos retraités méritent mieux. Leurs pensions doivent être revalorisées. Par respect pour ce qu'ils ont accompli. Par respect pour ce qu'ils nous ont transmis.
Cette fois, les rangs les plus âgés du public ont applaudi franchement.
Chevalier est resté droit, les mains posées devant lui, savourant l’instant. Il a laissé la salle lui rendre son silence.
Une voix a traversé les derniers applaudissements.
— Au Portugal, votre parti est pourtant parvenu à un compromis, qui a abouti à un décalage de l’âge de départ à la retraite, indexé sur l’espérance de vie, qui avoisine aujourd’hui les 67 ans¹⁵, a lancé Sarah Amar.
— À 66 ans et 9 mois pour être précis, intervint Cobot.
Un frisson d'étonnement a semblé traverser le public.
La journaliste s’est tournée vers Chevalier.
— Monsieur Chevalier, souhaitez-vous répondre ?
Il n’a pas bougé.
Son regard glissa vers la journaliste, puis vers les autres candidats, comme s'il cherchait une issue. En face de lui, les chiffres du duo Rousseau-Cobot, renforcés par la remarque de la candidate Amar sur la cohérence de son propre parti, ne lui laissaient aucune prise. Les faits étaient là. Ils attendaient.
Le silence a duré une seconde de trop. Assez pour que tout le monde comprenne.
Chevalier n'avait plus rien à opposer. Ni chiffres, ni arguments. Son agacement ne visait plus son adversaire, mais les faits eux-mêmes, coupables de ne pas lui donner raison. Droit dans son orgueil blessé, il a fini par lâcher, presque malgré lui, la phrase qui ferait le tour du pays dès le lendemain :
— Je n’ai pas besoin des faits pour me faire une opinion.
Le plateau s’est figé.
Plus personne ne riait. Même les candidats les plus prompts à sourire avaient baissé les yeux ou serré les lèvres, comme s’ils savaient déjà que la phrase venait de leur échapper à tous. Dans le renfoncement, j’entendais le grésillement discret des projecteurs, le frottement d’un câble, le souffle presque imperceptible de la régie derrière nous.
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¹ INSEE, Au premier trimestre 2026, le taux de chômage augmente de 0,2 point et atteint 8,1 %, Informations Rapides n° 113, publié le 13/05/2026
² Baromètre de la confiance politique - CEVIPOF 2026 : 76% des français perçoivent le personnel politique comme corrompu et 87% pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux
³ INSEE, Bilan démographique 2025, Décès, mortalité, espérance de vie, janvier 2026 - Depuis 1964, l’espérance de vie est passée de 67 ans à près de 80 ans pour les hommes, et de 74 ans à près de 86 ans pour les femmes
⁴ Eurostat Pensions and labour market participation 2024 // OECD, Panorama des pensions 2025 - Âge effectif de sortie du marché du travail // Our World in Data // Wikipedia - Retraite en France
⁵ CNAV, Évolution du rapport démographique depuis 1963, données CNAV/SNSP et Commission de compensation
⁶ INSEE, Indicateur conjoncturel de fécondité - France métropolitaine. 2,91 enfants en 1964 vs 1,53 en 2025
⁷ Assemblée nationale, Rapport d’information sur les causes et conséquences de la baisse de la natalité en France, n° 2474, présidente Constance de Pélichy, rapporteur Jérémie Patrier-Leitus, 11 février 2026 : Le coût du logement, le coût de la garde et la précarisation de l’emploi constituent des freins aux projet de parentalité. Le prix des logements a été multiplié par 2,6 entre 1984 et 2020 dans le parc locatif privé. Plus d’un tiers des parents déclarent avoir renoncé à un enfant supplémentaire en raison du coût de la garde. 5,3 % de l’emploi salarié en France, soit environ 3,7 millions de salariés, relève d’un statut précaire.
⁸ Ibid : 56 % des femmes de 25 à 34 ans sont diplômées du supérieur, contre 48 % des hommes, la maternité devient un événement programmé au sein d’une carrière.
⁹ Ibid : Le nombre idéal d’enfants est passé de 2,36 en 2011 à 2,3 en 2024. Par ailleurs, la parentalité suppose de pouvoir se projeter dans la durée : or près d’un mariage sur deux se termine par un divorce, tandis que la part des ménages d’une seule personne est passée de 27 % en 1990 à 39 % en 2022.
¹⁰ Ibid : L’'infertilité, un facteur encore limité mais croissant, qui concernerait aujourd'hui 3,3 millions de personnes, soit près d’un couple sur huit à dix en âge de procréer.
¹¹ Ibid : L’éco-anxiété a un effet réel mais limité ; les personnes très inquiètes souhaitent en moyenne 0,08 enfant de moins.
¹² INSEE, Bilan démographique 2025, Insee Première n° 2087, janvier 2026
¹³ FIPECO - Perspectives Retraites - Source COR, rapport de juin 2026
¹⁴ INSES, Dépenses par administration publique // DREES - Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques
¹⁵ « Cronologia : As principais mudanças nas pensões », Público, 31 mai 2015 : Le Portugal a progressivement indexé son système de retraite sur l'espérance de vie : après l'introduction d'un facteur de soutenabilité, l'âge légal de départ est devenu évolutif depuis 2016. Il atteint 66 ans et 9 mois en 2026.
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